Si vous vous promenez dans le rayon café de n’importe quel grand supermarché, il y a de fortes chances que vous voyiez au moins un ou deux sacs de grains portant une petite étiquette « Commerce équitable ». Ces sacs n’ont pas l’air très différents des autres sur les étagères, mais leur prix est très élevé. Vous vous demandez peut-être ce qui fait qu’ils valent ce supplément d’argent ?

La réponse est que lorsque vous payez un supplément pour le café du commerce équitable, l’argent va directement aux agriculteurs qui le cultivent. Les négociants en café du commerce équitable garantissent aux cultivateurs un salaire équitable pour leurs produits et, en retour, les agriculteurs promettent d’offrir des conditions décentes à leurs travailleurs et de cultiver leur café de manière écologique. Les mêmes garanties s’appliquent aux autres produits portant le label du commerce équitable, comme le chocolat, le sucre, les bananes et le coton. Lisez cet article pour en savoir plus.

Les produits du commerce équitable sont une denrée très prisée. Les ventes mondiales de produits du commerce équitable ont augmenté de 15 % en 2013, atteignant un total de 6,55 milliards d’euros). Cette année-là, le mouvement du commerce équitable a soutenu plus de 1,4 million d’agriculteurs et de travailleurs dans 74 pays.

Les principes du commerce équitable

L’objectif du commerce équitable est de réduire la pauvreté des agriculteurs et des travailleurs dans les pays en développement. Cela signifie non seulement les rémunérer davantage à court terme, mais aussi les aider à améliorer leurs compétences, à renforcer leurs communautés et à protéger l’environnement local afin que ses ressources soient disponibles pour les générations futures.

Les organisations impliquées dans le commerce équitable, notamment Fair Trade USA et la Fair Trade Federation, ont défini plusieurs principes de base que les acheteurs et les vendeurs doivent suivre :

1. Le commerce direct

Les importateurs du commerce équitable travaillent avec les producteurs aussi directement que possible. La suppression des intermédiaires permet aux importateurs de verser aux agriculteurs une plus grande part de l’argent que leurs produits iront chercher sur les rayons des magasins. Les importateurs du commerce équitable traitent souvent avec des collectifs – des groupes de petits producteurs qui gèrent leurs propres exploitations avec peu ou pas de main-d’œuvre salariée. Pour répondre aux normes du commerce équitable, les collectifs doivent être gérés démocratiquement, chaque agriculteur ayant droit à un vote, et doivent répartir leurs bénéfices de manière égale entre tous les membres.

2. Prix équitable

Le commerce équitable garantit aux agriculteurs un prix minimum raisonnable pour leurs récoltes, quelle que soit la baisse du prix du marché. Les acheteurs promettent de payer rapidement les producteurs pour leurs marchandises (tout savoir sur le cadencier ), et les producteurs promettent à leur tour de payer un salaire équitable à tous leurs travailleurs. Les acheteurs accordent également des crédits à leurs producteurs – par exemple, en les payant avant la récolte – pour s’assurer que les producteurs disposent de toutes les ressources nécessaires pour livrer leurs marchandises à temps.

3. Des conditions décentes

Le commerce équitable exige que les agriculteurs offrent des conditions de travail sûres et saines à leurs travailleurs. Il interdit également tout recours au travail des enfants et au travail forcé, qui sont très répandus dans de nombreuses régions du monde – en particulier dans les plantations de cacao. Les règles du commerce équitable interdisent toute forme d’abus, de harcèlement et de discrimination des travailleurs, y compris la discrimination fondée sur l’affiliation politique ou l’appartenance à un syndicat.

4. Des relations respectueuses

Le commerce équitable favorise une communication ouverte et honnête entre les producteurs, les acheteurs et les consommateurs. Les négociants du commerce équitable font de leur mieux pour donner aux producteurs les informations dont ils ont besoin sur les conditions du marché, partager ce qu’ils savent des meilleures pratiques de culture et fournir une assistance technique si nécessaire. Les importateurs cherchent à établir des relations à long terme avec les producteurs et à travailler avec eux pour résoudre les problèmes qui se présentent.

5. Développement communautaire

En plus du prix régulier de leurs produits, les producteurs gagnent une prime de commerce équitable pour investir dans leurs communautés. Pour le café, par exemple, ils reçoivent un supplément s’il est cultivé biologiquement. Ces fonds servent à financer des projets tels que la construction de nouvelles écoles, l’octroi de bourses d’études, l’amélioration de la nutrition et des soins de santé et le creusement de puits. Les agriculteurs peuvent également investir l’argent dans leur entreprise, en le consacrant à l’irrigation des champs ou à la certification biologique, ce qui peut leur permettre d’obtenir des prix plus élevés pour leurs récoltes à l’avenir.

6. Durabilité de l’environnement

Bien que tous les produits du commerce équitable ne soient pas biologiques, les agriculteurs sont tenus d’utiliser des pratiques de culture durables qui protègent les ressources naturelles, notamment l’eau, le sol et la végétation naturelle. L’utilisation de pesticides et d’engrais – en particulier les plus nocifs – est limitée. Les agriculteurs s’engagent également à utiliser efficacement l’énergie et à gérer correctement les déchets, en les réduisant, en les réutilisant et en les recyclant chaque fois que cela est possible. L’utilisation d’organismes génétiquement modifiés (OGM) est spécifiquement interdite pour tous les produits issus du commerce équitable.

7. Respect de la culture locale

Les négociants du commerce équitable s’engagent à respecter le patrimoine culturel des producteurs avec lesquels ils travaillent. Au lieu de les obliger à adopter les méthodes les plus récentes et les plus efficaces pour cultiver ou produire des biens, ils leur permettent de suivre leurs pratiques traditionnelles, tout en leur apprenant de nouvelles techniques. De cette manière, les producteurs peuvent maintenir leurs traditions en vie tout en augmentant leur production pour répondre aux exigences du marché.

Certification du commerce équitable

La certification du commerce équitable est un moyen de garantir que les acheteurs et les vendeurs respectent les principes du commerce équitable. Il existe plusieurs organisations différentes qui certifient les produits du commerce équitable, chacune ayant son propre label et son propre ensemble de normes. Pour porter le label « commerce équitable », un produit doit répondre à toutes les normes de l’organisme de certification, qui inspecte régulièrement les exploitations agricoles pour s’assurer qu’elles respectent les règles.

Labels du commerce équitable

Il existe plusieurs labels de commerce équitable différents que vous pourriez repérer en parcourant les allées des supermarchés. En voici quelques-uns :

Le label FAIRTRADE

La plus grande organisation mondiale de commerce équitable est Fairtrade International. Elle travaille avec plus de 1 200 producteurs différents dans 74 pays, qui emploient plus de 1,5 million d’agriculteurs et de travailleurs. Fairtrade International emploie une organisation appelée FLOCERT pour certifier tous ses membres et faire respecter ses normes. Son label, connu sous le nom de marque FAIRTRADE, figure sur plus de 27 000 produits dans le monde entier, notamment des aliments, des boissons, du coton, des vêtements et des bijoux.

Commerce équitable certifié

Le label « Fair Trade Certified » représente Fair Trade USA, le principal certificateur de produits issus du commerce équitable aux États-Unis. Cette organisation, anciennement connue sous le nom de Transfair USA, faisait autrefois partie de Fairtrade International, mais elle s’est scindée en 2011, adoptant un nouveau nom et son propre ensemble de normes. Par exemple, Fairtrade International exige que tout son café provienne de collectifs de petits agriculteurs, tandis que Fair Trade USA accepte également le café provenant de grandes plantations gérées par une seule entreprise. Fair Trade USA certifie une grande variété de produits, dont le café et le thé, les fruits et légumes frais, les épices, le vin et les vêtements. Les inspections de ces produits sont effectuées par un tiers certificateur appelé SCS Global Services.

Fair for Life

La plupart des programmes de commerce équitable s’appliquent à des produits spécifiques et ne concernent pas d’autres produits de l’entreprise (les entreprises peuvent produire plusieurs produits, certains relevant du commerce équitable, d’autres non). Fair for Life, en revanche, ne travaille qu’avec des entreprises qui offrent des salaires et des conditions de travail équitables à l’ensemble de leur personnel, ainsi qu’à leurs fournisseurs – et pas seulement aux producteurs de certains produits spécifiques. Le label Fair for Life peut être utilisé pour presque tous les types de produits – alimentaires ou non alimentaires, matières premières ou produits finis – ainsi que pour certains types de services. Actuellement, il existe environ 500 produits différents certifiés Fair for Life, tous fabriqués par des entreprises qui répondent aux normes Fair for Life. Le processus de certification est géré par l’Institut de marketing.

Membre de la fédération du commerce équitable

La Fédération du commerce équitable (FTF) n’est pas un programme de certification ; il s’agit plutôt d’une organisation de membres pour les entreprises américaines et canadiennes qui suivent les principes du commerce équitable. Les entreprises individuelles paient des cotisations à la Fédération et obtiennent le droit d’afficher son label, montrant ainsi qu’elles sont engagées dans les principes du commerce équitable. Les entreprises n’ont pas besoin d’être certifiées « commerce équitable » pour adhérer à la FTF, ce qui signifie qu’elles n’ont pas à payer les frais que FLOCERT et Fair Trade USA facturent pour leurs programmes. Toutefois, elles doivent prouver qu’elles respectent le code de pratique strict du groupe pour tous leurs produits – une norme stricte que seuls 50 à 60 % de toutes les entreprises candidates sont en mesure de respecter.

Organisation mondiale du commerce équitable

L’Organisation mondiale du commerce équitable (WFTO) est un réseau mondial de petites organisations de commerce équitable, ainsi que d’entreprises individuelles. La WFTO dispose d’un système de garantie en cinq étapes pour contrôler tous ses membres et s’assurer qu’ils se conforment aux principes du commerce équitable et à la norme de commerce équitable propre au groupe. Gérée à partir d’un bureau central aux Pays-Bas, la WFTO représente plus de 370 organisations membres et 40 associés individuels, répartis dans 70 pays et sur les 5 continents.

Certifié UTZ

Le programme UTZ Certified n’est pas un certificateur de commerce équitable, mais il défend un grand nombre de principes identiques : agriculture durable, conditions de travail sûres et meilleures opportunités pour les agriculteurs et leurs familles. Contrairement au commerce équitable, le programme UTZ ne garantit pas aux agriculteurs un prix de base pour leurs récoltes, mais il leur verse une prime par rapport au taux du marché, tout en les aidant à améliorer la qualité et le rendement de leurs cultures afin qu’elles aient plus de valeur. L’UTZ contrôle les exploitations agricoles avec lesquelles elle travaille pour s’assurer qu’elles respectent ses codes de conduite, qui portent sur les méthodes agricoles, les conditions de travail et l’environnement. UTZ est le plus grand programme de culture durable du café et du cacao au monde, représentant près de 50 % de tout le café labellisé « durable ». Parmi ses clients figurent de grandes entreprises telles que Mars, Nestlé et IKEA.

Le commerce équitable avec un budget

Bien que le commerce équitable se développe rapidement, les produits issus du commerce équitable représentent encore une part assez faible du marché. Cela s’explique notamment par le fait qu’ils coûtent souvent plus cher que les autres produits de la même catégorie. Ce n’est guère surprenant, si l’on considère que le commerce équitable paie aux agriculteurs un prix plus élevé pour leurs récoltes.

D’autre part, comme les importateurs du commerce équitable travaillent directement avec les agriculteurs et éliminent les intermédiaires, les prix plus élevés que les agriculteurs reçoivent ne se traduisent pas toujours par des prix plus élevés pour le consommateur. Fair Trade USA souligne dans sa FAQ que si certains produits certifiés « commerce équitable », comme les bananes, ont tendance à coûter beaucoup plus cher que les versions conventionnelles, le café et le chocolat certifiés « commerce équitable » coûtent à peu près le même prix que « d’autres cafés et chocolats de spécialité ».

En fait, dans certains cas, les produits du commerce équitable coûtent en réalité un peu moins cher que les équivalents conventionnels. Par exemple, un sac d’un kilo de café biologique et équitable de la région du Congo coûte 12 euros sur la boutique en ligne Equal Exchange, tandis qu’un sac d’une livre de café éthiopien de Starbucks – qui n’est ni équitable ni biologique – coûte 14 euros. Une simple robe sans manches en coton de Mata Traders, fabriquée par une coopérative de femmes équitables en Inde, coûte 85 euros ; une robe similaire de ModCloth, qui n’est pas équitable, coûte 110 euros.

Pourtant, si vous avez l’habitude d’acheter le café le moins cher du rayon, il est facile de se faire choquer par le prix « gourmet » d’un équivalent commerce équitable. Voici quelques conseils pour faire des achats dans le cadre du commerce équitable sans faire exploser votre budget :

  1. Achetez en vrac. De nombreux magasins d’aliments naturels vendent du café en grains entiers en vrac, souvent à un prix à la livre inférieur à celui des cafés similaires vendus en sac. Vous pouvez également acheter votre café en ligne dans des sacs de cinq livres auprès d’un marchand de café équitable comme Dean’s Beans et payer moins de 10 euros le kilo, frais de port inclus.
  2. Essayez les marques des magasins. La marque maison de Trader Joe’s propose plusieurs variétés de café équitable pour 10 $ la livre ou moins. Archer Farms, une marque de magasin disponible chez Target, propose plusieurs cafés issus du commerce équitable ou du commerce direct – c’est-à-dire achetés directement aux producteurs – à 11,32 € le kilo.
  3. Boutique « Light » du commerce équitable. Les marques qui ne sont pas certifiées « commerce équitable » peuvent quand même promouvoir les objectifs du commerce équitable. Par exemple, vous pouvez acheter du café certifié UTZ chez IKEA pour environ 7,25 € le kilo et des tablettes de chocolat certifiées UTZ pour 1 € chacune. Costco vend également certaines marques de café qui ne sont pas certifiées équitables, mais dont la description des produits indique : « Nous travaillons avec les agriculteurs pour fournir des soins de santé, des logements, des programmes de repas et une éducation aux travailleurs et à leurs familles ».
  4. Recherchez la rubrique « Ventes ». Vous pouvez souvent trouver des vêtements et des articles d’artisanat issus du commerce équitable en vente dans des magasins physiques, comme Ten Thousand Villages, et des détaillants en ligne, comme Fair Indigo. Les deux magasins ont également des sections de dédouanement.

Le mot de la fin

Le commerce équitable peut parfois coûter plus cher, et il ne vous offre certainement pas un choix aussi large que celui que vous offre chaque produit dans un centre commercial – ou sur Internet. Cependant, les produits disponibles, que ce soit pour le café, le chocolat ou les vêtements, sont généralement de haute qualité. Choisir des produits du commerce équitable peut donc être un moyen de se faire plaisir et d’aider d’autres personnes à sortir de la pauvreté.

Si le prix élevé des produits du commerce équitable est un facteur de dissuasion pour vous, n’oubliez pas que vous n’êtes pas obligé de les acheter tout le temps. Le fait de ne consommer qu’une petite quantité de produits du commerce équitable peut faire la différence sans pour autant faire une trop grosse brèche dans votre portefeuille.